Programme à venir
Le programme de la rentrée est le suivant :
13 septembre 2008 : "La vie a t-elle un sens ?"
Réunion au Marina à Montigny le Bretonneux
Débat introduit par Jean-Jacques Vollmer
27 septembre 2008 : "Comment cheminer vers la sagesse ?"
Réunion à l'Abbaye à Saint Cyr l'Ecole
Débat introduit par Marie-Odile Delcourt
En attendant, visitez les sites de la communauté "Les philosophes épars"
ou encore "Le Café-Philo des Phares"
Lieu et date des réunions
Les réunions débutent à 16 heures 30
Elles se tiennent le samedi, en principe deux fois par mois, le premier débat du mois ayant lieu au "Marina" à Montigny le Bretonneux, le second au restaurant "L'Abbaye" à Saint Cyr l'Ecole, mais des ajustements sont possibles en fonction de la disponibilité des intervenants, et de la période : jours fériés, périodes de vacances, ....
Le MARINA 26 place Etienne Marcel 78180 MONTIGNY LE BRETONNEUX
Tél. : 01 30 57 54 97
Restaurant L'ABBAYE 36 rue Gabriel Péri 78210 SAINT CYR L'ECOLE
Tél. : 01 30 58 16 16
Plan d'accès au Café :
Le Marina : Plan à grande échelle
L'Abbaye : Plan à grande échelle
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informations diverses.
L'Ecole de la 2ème chance
Les animateurs du Café-Débat s'impliquent dans le programme de " l'Ecole de la deuxième chance" qui vient de s'implanter à Trappes. Ils proposent aux stagiaires des sujets de débat, et ils
en réalisent l'animation. Plus de détails ICI.
Pour en savoir plus : voir le site de l'Ecole E2C78
Pour lire les textes de présentation : cliquer sur les titres dans la marge ci-contre à droite, rubrique "Ecole de la 2ème chance".
Emettre un jugement
Au départ, je pensais intituler ce thème : « Une opinion peut-elle être objective ? », car je pensais surtout à tout ce que nous disons dans la vie quotidienne pour commenter tel évènement ou tel fait dont nous avons connaissance par de multiples canaux. Mais cela aurait été assez restrictif : la plupart du temps, une opinion est une donnée brute, qui n’a pas besoin d’être justifiée, qui se rapproche plus de la croyance que d’une démarche rationnelle consciente.
Un jugement, par contre, tout en intégrant cet aspect, y ajoute la dimension de l’analyse et de l’argumentation : c’est par le jugement que la pensée décide de la valeur d’une proposition. D’un point de vue psychologique, le jugement est l’acte psychique par lequel nous affirmons, nous nions, nous discutons, un contenu propositionnel, ce qui suppose donc un sujet pensant rationnel.
Etre objectif
Quant à la notion d’objectivité, je me suis aperçu qu’elle est plus difficile à définir qu’il n’y paraît, car le mot exprime des points de vue différents :
- tout d’abord, l’objectivité se rattache aux objets, physiques ou virtuels, supposés présenter un certain degré de réalité indépendante, par opposition à la subjectivité qui implique un sujet observant. Objectivité et subjectivité sont mutuellement exclusifs et complémentaires : le sujet pense, l’objet est pensé. On peut ainsi considérer que chacune de ces notions se définit par rapport à la notion contraire, de manière relative, sans avoir vraiment besoin d’être définie en soi ;
- néanmoins, d’un point de vue qu’on pourrait qualifier « d’éthique », l’objectivité implique pour le sujet un certain caractère d’impartialité, de neutralité, voire de désintéressement : le sujet pensant essaie d’appréhender un objet en faisant abstraction au maximum de ses convictions, de ses croyances, de son expérience propre, c'est-à-dire en prenant de la distance par rapport à lui-même. C’est ce que Thomas Nagel appelle « le point de vue de nulle-part », dont la valeur est discutable.
- enfin, il faut distinguer deux niveaux d’objectivité ;
o L’objectivité du contenu d’une proposition. Quand je dis « Cette boule est rouge » et qu’elle est vraiment rouge, la proposition est vraie parce qu’elle fait référence à un élément de réalité indépendante ;
o L’objectivité de la proposition elle-même pour le sujet qui l’exprime. Si je suis daltonien et que je dis « Cette boule est rouge », elle est peut-être verte en réalité, mais ce que je viens de dire est vrai, et donc objectif pour moi.
Le mécanisme de formation d’un jugement
Comment un sujet pensant est-il amené à se forger un jugement ? On peut distinguer trois étapes :
- La perception physique d’un objet (fait, évènement, état, …). Elle se fait d’abord par nos cinq sens, ou éventuellement par des instruments de mesure quels qu’ils soient. Il s’agit d’un processus d’acquisition de données par différents canaux d’information.
- L’interprétation des données. Elle se fait par rapport à un système normatif : système de références (par exemple les règles sociales ou religieuses), protocoles de mesure en sciences, etc. Elle est souvent liée à un consensus d’experts du domaine considéré. Elle peut aussi être faite par des personnes incompétentes ou malveillantes.
- L’élaboration du jugement personnel. Il se forge de manière consciente ou inconsciente à partir des données dont on dispose (qui peuvent être partielles, ou biaisées) et des interprétations qui en ont été faites, en essayant d’exercer son esprit critique.
Quelques pistes de réflexion
Pour illustrer ce qui vient d’être dit, on peut par exemple discuter de l’objectivité des questions suivantes :
- le 29 mai 2005, les français ont-ils voté NON au referendum sur le Traité Constitutionnel en toute objectivité ?
- corollaire : un referendum peut-il exprimer la voix du peuple de manière objective ?
- le militant d’un parti peut-il émettre des jugements objectifs ?
- c’est à cause de l’euro que la vie est de plus en plus chère
- les hommes politiques sont tous pourris
- quand on croit en Dieu, on n’est pas objectif
- il vaut mieux avoir un dirigeant qui s’en met plein les poches mais qui fait voter des lois bénéfiques à la collectivité, qu’un dirigeant bien sous tous rapports mais qui ne fait rien
- c’est prouvé scientifiquement, donc c’est vrai
- la science n’a jamais prouvé que l’homéopathie ne marchait pas, et pourtant elle marche !
- quand l’Etat met des radars sur les autoroutes, c’est pour remplir ses caisses et pas pour la sécurité des usagers

